XIXeme et XXeme siècle

I - La prostitution au XIXéme siècle

  A/ Les Courtisanes 

Durant le 19ème siècle la prostitution n’était pas considéré comme étant péjoratif mais plutôt comme une activité qui faisait partie du quotidien.

A l’époque les prostitués étaient connus sous le nom de courtisane. Elles n’avaient pas de statut juridique précis. Elles étaient spécialement destinées aux classes sociales les plus élevées notamment les princes, rois etc. Dans ces familles le père emmenait son fils chez les courtisanes afin d’affirmer sa virilité. C’étais pour eux une gloire de s’afficher comme étant l’amant d’une courtisane. Elles étaient considérées comme des prostituées de luxe qui étaient même médiatiser et souvent adulées par tous ! Comme La Belle Otero ou encore Lianne de Pougy. Elles étaient deux des plus célèbres courtisanes.

B/ Les Ouvrières

Contrairement aux courtisanes, les ouvrières n’étaient pas du tout médiatisées et avais recourt à cette activité par nécessité afin de subvenir à leurs besoins personnelles ou à leurs familles. Ces ouvrières ont une position bien inférieur à celle de l’homme celà se traduit par une rémunération médiocre et une soumission total à l’homme. La prostitution ouvrière peut prendre la forme d'une activité d'appoint, qu'on appelle à l'époque le cinquième quart de la journée. Elle permet ainsi à l'ouvrière d'arrondir son salaire et devient une activité de secours quand les revenus de celle-ci ne lui permettent plus de manger à sa faim ou d'élever correctement ses enfants. La prostitution peut être une activité qui permet de survivre en cas de crises industriels ou de grèves. On observe d'ailleurs durant ses crises une multiplication par deux du nombre de prostituées dans les bassins industriels.

. En effet au 19 siècle c'est une politique réglementariste qui est en vigueur face à la prostitution. Or la prostitution occasionnelle est clandestine, elle échappe donc aux agents des murs qui contrôlent l'hygiène des prostituées et la conformité des maisons de soutien. Cette prostitution est d'ailleurs plus gênante aux yeux des pouvoirs publics car elle s'exerce dans la rue ou dans les cafés à la vue de tous et est incontrôlable .Parfois cette prostitution devient une activité principale, car pour une jeune fille de l'époque, il est souvent plus rentable de vendre ses charmes que de travailler à l'usine.

C/ Les Maisons Closes

 C’est pour celà qu’à cette époque, des maisons closes spécialement fabriquées pour pratiquer la prostitution en toute légalité on été ouverte et sont autorisées par le préfet de police à la demande d’une future tenancière (appelée maîtresse, et souvent ancienne prostituée) laquelle va tenir un registre de ses pensionnaires avec contrôle sanitaire obligatoire. Celles-ci sortent rarement, elles vivent en circuit fermé, encadrées souvent par une sous-maîtresse qui à la fonction de matonne (= une surveillante) . Ces jeunes femmes sont souvent recrutées dans les bureaux de placement ou encore dans les gares par des réseaux spécialisés. Elles sont vendues à une maison close et sont à la merci de toutes demandes des clients  sous peine de correction. Considérées comme des marchandises (appelées colis) elles peuvent être revendues à une autre maison sans pouvoir s’y opposer.

Il existe différent statut de maison close notamment les maisons de luxe qui reçoivent les hommes politiques dans un cadre raffiné où les pensionnaires ne sont pas tenues à un nombre important de passes mais doivent souscrire à tout désir sexuel avec élégance et distinction. Les deux maisons closes les plus connues sont le Sphinx et le One Two Two.

Ainsi il y a une opposition avec les maisons d’abattage où la clientèle est plus rustique et où les pensionnaires font parfois jusqu’à cent passes par jour. On est loin des fantasmes érotiques et de la fascination pour la prostitution dans la soie et le velours. Ces lieux d’exploitation sexuelle fonctionnent sous l’autorité des municipalités et de la police institutionnalisant le proxénétisme.

Les pensionnaires sont fichées,enfermées, surveillées si elles sont malades, elles sont envoyées à la campagne, oubliées, si elles ne sont plus rentables… et remplacée immédiatement.                                                                       

  Le contrôle sanitaire s’avère inefficace, les médecins sont corrompus par les tenancières des maisons pour ne pas perdre leurs pensionnaires.              

    Vers le milieu du 19ème siècle,certaines personnes prostituées se rebellent et refusent d’intégrer ces maisons dont elles ne sortiront pas, et préfèrent se prostituer aux abords des bars et des cabarets.

Le 13 avril 1946  la loi Marthe Richard, du nom de la conseillère municipal de Paris qui l’a élaborée et ex-prostituée, est votée par le gouvernement provisoire. Elle impose la fermeture des maisons closes  en France. Plus de 20 000 femmes sont concernées par cette loi et prés d’un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes.

  Dès 1947, devant les pertes financières qu’ils accumulent, les anciens tenanciers des maisons de tolérance montent au créneau et interpellent des élus (eux-mêmes clients ?) pour la réouverture des maisons. Depuis, députés et ministres réclament la réouverture des maisons closes considérant qu’à défaut d’éradiquer la prostitution, la maintenir dans des bornes gérées par le législateur permet à la fois de protéger les personnes et d’avoir un contrôle sanitaire sur les MST, les MSI et le Sida.

Certaines personnalités du monde politique, artistique ou intellectuel dénoncent la position des abolitionnistes qu’elles considèrent moraliste et conformiste au nom de la liberté à disposer de son corps. Revendiquer la liberté de disposer de son corps au nom du plaisir, avec un ou plusieurs partenaires consentants n’ont pas la même finalité que de se voir imposer par des marchands d’esclaves des passes où la rentabilité de la marchandisation du corps est le seul but.

 

 

 

 

 

 

 

25 votes. Moyenne 3.20 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×